Les Troubles Musculo-Squelettiques (TMS) regroupent un nombre important de pathologies touchant une ou plusieurs parties du système musculo-squelettique. Ils résultent d’un déséquilibre entre les capacités fonctionnelles des salariés et les sollicitations qui apparaissent dans un contexte de travail, notamment sans possibilité de récupération suffisante.
C’est-à-dire des gestes et postures répétés dans des conditions de travail pas optimales
Les TMS sont propres au métier exercé.
Les TMS affectent les structures situées à la périphérie des articulations (muscles, tendons, nerfs, ligaments, bourses séreuses, capsules articulaires, vaisseaux, …).
Les affections les plus fréquentes sont les lombalgies, cervicalgies, DL articulaires, tendinites (épicondylite du coude, coiffe des rotateurs de l’épaule) et syndrome du canal carpien.
Au début, ces affections se manifestent par une sensation d’irritation ou de fourmillements, une fatigue musculaire puis une douleur pouvant entrainer un handicap dans la vie professionnelle et dans la vie privée.
La cervicalgie : Les Troubles Musculo-Squelettiques (TMS) affectent les membres et la colonne vertébrale. La cervicalgie est liée à la station assise prolongée associée à la concentration devant l’écran (fatigue oculaire). Ces deux facteurs favorisent la fatigue des muscles cervicaux lors du port de tête et donc de la lutte contre la gravité sur la durée.
La lombalgie : 85% de la population a souffert, souffre ou souffrira du mal de dos. La douleur ne traduit pas que le conflit mécanique, elle associe souvent d’autres facteurs fonctionnels pouvant l’entretenir : stress, hygiène de vie, troubles psychologiques, etc. La majorité des lombo-sciatalgies guérit sans complications.
A. Quelques chiffres
En France, les TMS touchent 81% des maladies professionnelles pour les actifs du régime général.
Le coût moyen d’un TMS est estimé à 21 300 €. Pour les actifs du régime général, ce coût représente 40% du coût total des maladies professionnelles.
B. Les différentes étiologies des TMS
Le cumul de contraintes biomécanique, psychosociale et organisationnelles est souvent retrouvé dans des situations de travail et augmente le risque de survenue des TMS.
Facteurs biomécaniques
Efforts excessifs, répétitivité des gestes, mauvaises postures statique et dynamique (travail bras au-dessus des épaules), mouvements de torsion du poignet ou du tronc, F°/E° du coude), exposition au froid ou aux vibrations
Les contraintes posturales
Toutes les articulations ont des amplitudes limites et dans ces limites, il existe des zones de sécurité au sein desquelles l’usage de l’articulation peut se faire sans risque. Lorsque l’activité de travail nécessite d’utiliser une ou des articulations de manière habituelle ou répétée hors des zones de sécurité, alors il y a une contrainte posturale qui peut générer une souffrance.
La posture peut aussi générer une contrainte parce qu’elle sollicite une activité musculaire statique ou s’accompagne de compression tendineuse (ex : conflit sous-acromial de l’épaule), nerveuse ou vasculaire (ex : hyperF° ou hyperE° du poignet)
Les contraintes posturales peuvent être dues à la forme d’un outil ou à ses conditions d’utilisation, à l’aménagement du poste de travail, à l’accessibilité de certaines commandes, etc. Elles peuvent aussi résulter de facteurs non dimensionnels comme la présence de reflets sur un écran qui gêne la lisibilité.
Une posture peut devenir contraignante par sa durée prolongée sans possibilité d’en changer (posture debout immobile, posture assise figée, etc)
Les efforts et la force mobilisée
La durée des temps de récupération est aussi un paramètre qui peut moduler le facteur de risque si elle est insuffisante.
Toutes les tâches manuelles s’accompagnent d’efforts musculaires, soit pour tenir des outils, soit pour agir sur la matière ou des objets (déformation, déplacement), soit pour vaincre une résistance.
Le travail musculaire statique
Toute situation de travail où le segment corporel doit être maintenu dans une position donnée provoque une contraction musculaire permanente. Si cette contraction est prolongée, elle ne permet par un apport sanguin suffisant au muscle, ce qui l’oblige à recourir à des voies métaboliques moins efficaces et productrices de déchets toxiques pour le muscle (comme l’acide lactique). Plus l’effort est intense, plus ce travail statique est rapidement pénible avec, au maximum, un épuisement musculaire. Ces contraintes peuvent aboutir à des douleurs ou à des tendinites.
La répétitivité
Cet usage soutenu des mêmes segments corporels est un facteur de risque de TMS par le biais d’une récupération insuffisante de la fatigue par les structures sollicitées
Facteurs environnementaux et organisationnels
Quantité de travail et relations humaines, possibilité de contrôle, clarté de la tâche
Facteurs individuels
Age, sexe, Indice de Masse Corporel (IMC), antécédents médicaux. Les activités extraprofessionnelles (loisirs et habitudes domestiques) peuvent interférer.
Facteurs psychosociaux
Insatisfaction face à un travail monotone, manque de reconnaissance, tension ou pression du temps de travail, relations sociales dégradées, faible soutien social, insécurité de l’emploi.